REPORTAGE

LA VENTE DE GARBA : UN BUSINESS QUI NOURRIT SON HOMME !



En Côte d’Ivoire, les jeunes de toutes les couches sociales, élèves, étudiants et travailleurs s’adonnent à plusieurs petits commerces afin de survenir à leurs différends besoins. Parmi ces petits  métiers, il y a le business du garba. Même si ce secteur d’activité rencontre quelques difficultés dans son exécution, il reste un secteur d’activité très rentable.

La vente du garba, un secteur rentable pour les vendeurs et économique pour les clients

Dans tout pays, il existe un plat phare qui ne laisse personne indifférent. En Côte d’ivoire,  le Garba est une variante  du traditionnel attiéké-poisson, agrémenté de thon grillé et assorti d’autres ingrédients notamment la tomate, l’oignon etc. C’est un mets consommé par toutes les couches sociales. A Abidjan, cette activité est majoritairement dominée par les jeunes ressortissants étrangers notamment des nigériens. Il suffit de se trouver un local avec tous les matériels dont des ustensiles de cuisine d’une valeur de 250.000 FCFA pour avoir un espace ‘’garbadrome’’.

Aux 220 logements, un quartier de la commune commercial d’Adjamé se trouve Arouna et Abou tout deux ressortissants nigériens installés depuis maintenant 6 ans dans le pays. Ils passent la quasi-totalité de leur journée à ventre cette nourriture typiquement ivoirienne. C’est dans ce même quartier qu’ils proposent leur mets.

Comme dans leurs habitudes, ils étaient au travail tôt le lundi 08 février. Le matin, Abou se charge de balayer le ‘’garbadrome’’. Pendant ce temps, Arouna lui part chercher le poisson. Après cette étape, il les  nettoie rapidement. Par la suite, Abou  se charge de frire le poisson. Arouna quant à lui se retrouve à la partie technique, pour s’occuper des clients qui ne manquent pas à l’appel. 

Chez eux, le prix des poissons varie entre 150 et 400 francs CFA. Selon un client qui a tenu à garder l’anonymat, le garba en plus d’être très résistant, il également très économique pour un ouvrier comme lui  qui perçoit 2000FCFA comme revenu journalier «  moi en tout cas je me demande si le garba n’était pas là comment j’allais manger les midis ici au travail. Parce que moi je fais un travail qui demande beaucoup d’effort physique donc avec seulement 400fcfa, je suis au top pour la journée » indique le client.     

Interrogé sur leur revenu fixe, Arouna le chef de l’entreprise affirme « gagner entre 75 milles et 80 milles FCFA  par semaine et ce après avoir fait toutes les dépenses ». Ce qui est équivaut à un revenu mensuel compris entre 300 mille et 340 mille francs CFA. Une somme qui leur permet de soutenir la famille restée au pays et de faire des économies.

Plus loin dans la commune populaire de Yopougon, Issa lui vit de la vente de garba depuis maintenant 10 ans. Chez lui, le prix du poisson varie entre 100 et 300fcfa. Même si il n’a pas voulu communiquer sur ces revenus par semaine, Issa affirme ne pas se plaindre de ce qu’il gagne « Grâce à cette activité, j’arrive à m’occuper de moi et à envoyer de l’argent à ma famille qui est restée au pays » explique Issa.  Tout juste assis en costume cravate, M Koné agent d’une société d’assurance témoigne également du côté économique du garba « avec le garba, je dépense tout au plus 5000cfa par semaine c’est-à-dire 500fcfa  par jour sur cinq jours ouvrable. Ce qui me fait une économie de 5000fcf par semaine contrairement aux autres plats qui coutent 1000fcfa » a-t-il expliqué.

Les jeunes ivoiriens s’investissent de plus en plus dans ce business

Bien que le monopole de la vente du garba en Côte d’Ivoire est gardé par les étrangers, les jeunes ivoiriens tentent désormais de s’intégrer dans ce milieu dominé par les ressortissants nigériens. Pour marquer la différence et attirer la clientèle, l’accent est un peu mis sur l’hygiène. Avec les différentes crises qui ont frappé le pays, le rêve de devenir des bureaucrates de plusieurs jeunes ivoiriens c’est brisé. Vendre donc du garba fait partie des entreprises vers lesquelles ils se sont tournés.

C’est le cas de Kouamé Kouadio Jean-Marc, un jeune Baoulé (ethnie du centre du pays) qui mène son activité avec deux de ses frères dans la commune de Koumassi. Pour lui, la vente de garba, si elle est bien gérée, rapporte gros. Avec cette activité, c’est 100% de bénéfices.

« Nous les jeunes ivoiriens, nous n’avons pas vite compris ce que cette activité. Avec la vente du garba, c’est 100% si tu investis 100.000FCCFA, tu gagnes 200.000FCFA. Moi par exemple je prends beaucoup plus donc je peux facilement me retrouver avec 100.000fcfa ou 140.000fcfa par semaine » explique-t-il

 Une activité bien que génératrice rencontre souvent des difficultés pour les jeunes ivoiriens.

Même si la vente de garba est beaucoup bénéfique tant pour celui qui la pratique que celui qui la consomme, elle faire face à certaines difficultés. Selon Monsieur Kouakou Kouame Jean-Marc, les difficultés se trouvent souvent l’approvisionnement du poisson. Pour lui, les vendeurs de poissons au port d’origine nigérien préfèrent vendre le poisson à leur frère plutôt qu’aux jeunes ivoiriens et ce à cause du manque de solidarité des vendeurs ivoiriens « souvent nous rencontrons beaucoup de difficultés surtout dans l’approvisionnement du poisson thon au niveau du port. Quand nous allons pour acheter les vendeurs d’origines nigériens préfèrent vendre d’abord les bons poissons à leurs frères et souvent on se retrouve avec les petits poissons ce qui fait fuir la clientèle. Souvent aussi, on ne gagne rien à acheter car ils vendent tout et ce jour, nous sommes obligés de ne pas vendre. Nos frères qui sont là-bas aussi ne connaissent pas ce qu’on appelle la solidarité. Du coup tout ça nous fatigue. » a-t-il déploré.

La vente de garba malgré ses difficultés, reste bénéfique tant pour ceux qui mènent cette activité que ceux qui la consomment. A l’arrivée, Chacune des deux parties tire une satisfaction économique.  

 

Kebson Madinho

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